Les émotions sont une source
d’information et de connaissance de notre environnement et de nous-mêmes. Ce
sont des clignotants sur notre tableau de bord
intérieur.
On ne peut
pas s’empêcher d’avoir des émotions, comme on ne peut pas s’empêcher de penser (sauf dans des états
de conscience modifiée, comme en méditation, mais ce n’est pas mon sujet).
On peut s’empêcher de les percevoir, mais elles sont là, elles
s’accumulent, et finissent toujours par s’exprimer, d’une manière ou d’une
autre, par des symptômes physiques (mal de dos quand on en a assez de quelque
chose, aigreurs d’estomac quand il y a quelque chose que l’on ne
« digère » pas …) ou des comportements (grande tristesse, repli sur
soi, manque de motivation …).
Si on les écoute, ce sont de formidables
indicateurs.
On distingue les émotions « de base », qui se
déclinent en de nombreuses autres :
joie, plaisir, surprise, tristesse, colère, peur, dégoût,
mépris, détresse, culpabilité, honte.
Chaque émotion correspond à un besoin psychologique, qui est satisfait ou pas.
Ces besoins psychologiques sont d’intensité variable selon les personnes.
Prêter attention à ses émotions permet donc d’avoir une claire conscience de ce
qui est important pour soi.
Que faire de ses émotions ?
1. Choisir de les exprimer
Au moment opportun, dans un objectif précis, à la bonne personne, d’une façon qui permette d’être entendu.
Le moment est important : si
vous exprimez votre colère à votre manager 5 mn avant qu’il fasse une
importante présentation, il risque d’avoir une faible écoute à votre égard.
Les objectifs peuvent être de différents ordres : se soulager, informer, influencer, s’assumer, nourrir la
relation.
Selon l’objectif poursuivi, on ne s’adressera pas à la même personne : pour se soulager,
son conjoint(e) ou un(e) ami(e) peuvent être le (la) bon(ne) interlocuteur
(trice). Pour influencer, on peut choisir d’en parler à certaines personnes
« leaders d’opinion » etc …
. La façon doit être adaptée. Pour informer, s’assumer et nourrir la relation,
on peut avoir recours à la Communication Non Violente
(CNV).
Elle nécessite un peu d’entraînement, mais donne de très bons résultats avec
des interlocuteurs sains. Elle consiste à dire, en restant ouvert aux réactions
de l’autre :
.son observation : moment, situation
précise (ex : lors de la dernière réunion d’équipe, lorsque tu as
contredis les chiffres que j’avançais …)
.son sentiment (…je me suis sentie
incompétente devant mes collègues et incapable de réagir)
.son besoin (je souhaite que mes collègues
me respectent, et me faire entendre)
.sa demande (pourrais-tu, à l’avenir,
exprimer ton désaccord en tête-à-tête, afin que je puisse exprimer mon point de
vue ?)
2.Transformer ses émotions en actions
Coluche, parce qu’il était indigné
par la pauvreté en France, a fondé les Restos du Cœur.
Les émotions, bien canalisées, « poussent » à
l’action.
On a nécessairement envie de satisfaire ses besoins
psychologiques. Mais des tensions, qui paralysent l’action, peuvent naître lorsque l’on a des besoins contradictoires.
Ceci fera l’objet de mon prochain message !