samedi 11 avril 2015

Lâcher un sentiment qui vous pollue


Monsieur C. avait changé de poste à la suite d’un conflit avec son précédent manager, qu’il jugeait incompétent. Mais, alors qu’il avait réalisé cette mutation  depuis un an déjà, monsieur C restait obsédé par son ancien manager, il conservait de la colère, du ressentiment envers cette personne. Ceci lui portait préjudice professionnellement, il n’arrivait pas à retrouver sa juste place.
Voici la métaphore que j’ai préparée pour monsieur C., et qui l’a aidé à évoluer.
Peut-être qu’elle parlera aussi à d’autres personnes ….
 Il était une fois une jeune fille Anne qui  avait toujours été une très bonne élève, particulièrement en maths et en physique-chimie. Elle passa naturellement en 1ere S. Sa nouvelle prof de maths, récente dans l’établissement, se montrait bizarre : par moments elle ne savait plus expliquer le cours, elle se trompait dans les exercices. Elle s’appuyait régulièrement sur les bons élèves pour compléter ses explications fumeuses, ou pour faire les corrections des exercices au tableau. A la rentrée de terminale, en Terminale S, Anne réalisa avec horreur qu’elle avait encore la même prof de maths ! En effet, celle-ci savait y faire auprès du proviseur qui était sensible à son charme, et qui l’appuyait auprès du directeur. Anne, qui avait toujours été bonne en maths, se mit à avoir des lacunes, elle n’avait plus confiance en elle, elle doutait des raisonnements de sa prof, elle sentait qu’elle ne pouvait pas s’appuyer sur elle. Le jour de l’épreuve de maths au bac arriva : se fut un massacre, Anne ne savait pas faire la moitié des exercices, et la moitié qu’elle fit était truffée d’erreur. Elle était tellement énervée après cette épreuve de maths qu’elle rata complètement l’épreuve de physique-chimie, l’après-midi du même jour. Et l’incroyable se produisit : Anne, de tout temps la bonne élève, n’eut pas son bac !
Elle ne voulait surtout pas redoubler dans le même lycée, retrouver cette maudite prof de maths qui lui faisait horreur ; grâce à un ami de sa famille, elle réussit à entrer de justesse dans un autre établissement.
Les profs étaient bons, ses camarades prêts à accueillir la nouvelle, mais Anne parlait sans arrêt de son ancienne prof de maths, combien elle était incompétente, comment elle, la bonne élève, ne pourrait pas rentrer dans une bonne prépa parce qu’elle avait redoublé à cause de cette prof, qu’à cause d’elle son avenir était foutu, comment c’était possible de laisser une prof aussi nulle enseigner, détruire des élèves, d’ailleurs elle n’était pas la seule de sa classe à avoir eu de mauvais résultats en maths au bac … Elle cherchait comment faire éclater la nullité de cette prof au grand jour. Ecrire au directeur de son ancien lycée ? Au rectorat ? A force de toujours parler de cette prof aux autres élèves, ceux-ci commencèrent à éviter Anne : elle était pénible à toujours radoter sur cette prof ! Son petit ami, avec lequel elle sortait depuis plus d’un an, la quitta. Lui aussi en avait assez de l’entendre parler sans arrêt de son ancienne prof, dire que son avenir était fini. Ses notes baissaient, elle était triste, mal dans sa peau, aigrie, toujours seule.
 Jusqu’au jour où l’assistante sociale du lycée la convoqua. Anne raconta une fois de plus comment cette saleté de prof de maths lui avait fait rater son bac, à elle, la bonne élève de toujours, si douée dans les matières scientifiques ! L’assistante lui dit alors : « Anne, en entretenant de la rancune envers cette prof, c’est à toi que tu fais du tort. C’est comme si une corde te reliait à cette personne, une corde qui entoure tes mains, t’empêche de les bouger, de faire ce que tu voudrais. L’autre extrémité de la corde est toute fine, elle touche à peine cette prof, qui va en toute liberté à ses occupations, en sentant à peine ce petit fil qui l’effleure. Il ne tient qu’à toi de secouer tes mains, de faire tomber cette corde qui t’empêche de profiter de la vie, réussir tes études ici et réaliser ce que tu souhaites.
A ces mots, Anne, sentit quelque chose bouger en elle.
Elle se faisait du mal toute seule …
Le lendemain, elle réalisa combien sa prof de maths, cette année, était bonne pédagogue, et quel plaisir elle pouvait ressentir à nouveau à s’investir dans ses études. Ses camarades de classe découvrirent une jeune fille pétillante, agréable, intelligente. Elle réussit brillamment son bac et réalisa son objectif : intégrer une prépa qui lui permit de rentrer dans l’école de ses rêves.

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