dimanche 24 février 2013

un esprit sain dans un corps sain


Les besoins de base

M.  C est épuisé. Pendant plusieurs mois, il n’a pas respecté son besoin de sommeil.
La spirale infernale s’est enclenchée ainsi : pendant une surcharge de travail (un gros appel d’offre à remporter dans un délai court), M. C a réduit son temps de sommeil pour travailler davantage. Puis il a enchaîné immédiatement sur un autre dossier.  M. C. a commencé à être fatigué. Il est devenu  plus lent, moins efficace. Pour faire face à son travail qui s’accumulait, il a pris des excitants pour se stimuler et il a encore réduit son temps de sommeil. Après quelques semaines de ce régime, M. C. était surexcité, irritable, désagréable avec ses collègues,  commettait des erreurs qu’il ne supportait pas de reconnaître, et faisait des insomnies. Pour briser cette spirale, son corps a trouvé une solution : M. C a attrapé une grosse grippe qui l’a cloué deux semaines au lit. Assommé par la fièvre et les médicaments, M. C a enfin pu dormir …
Nombre de personnes ne respectent pas leurs besoins de base en ne dormant pas assez,  en mangeant peu ou mal, en ne faisant aucun exercice physique …
Nous sommes loin de la devise romaine « un esprit sain dans un corps sain ».
Que faites-vous pour prendre soin de vous, votre corps,  votre santé ?
Connaissez-vous votre rythme biologique ?
Mais, me direz-vous, comment faire lorsque vous avez trop de travail ?
Si c’est un état permanent comme pour M. C, il est temps d’aller négocier avec votre hiérarchie et poser le sujet sur la table. Peut-être pouvez-vous obtenir une ressource supplémentaire pour vous aider ? Du temps de récupération entre deux dossiers ? Des délais plus réalistes ?
Si vous vous impliquez moins, que va-t-il se passer ?
Une chose est sûre : nul n’est irremplaçable. On a toujours des options.
Encore faut-il se donner le temps de prendre du recul et se poser les bonnes questions …
Sinon, on risque de perdre sa vie à la gagner ...

 

 

samedi 16 février 2013

Les émotions en entreprise


Les émotions sont une source d’information et de connaissance de notre environnement et de nous-mêmes. Ce sont des clignotants sur notre tableau de bord intérieur.

On ne peut pas s’empêcher d’avoir des émotions, comme on ne peut pas s’empêcher de penser (sauf dans des états de conscience modifiée, comme en méditation, mais ce n’est pas mon sujet).

On peut s’empêcher de les percevoir, mais elles sont là, elles s’accumulent, et finissent toujours par s’exprimer, d’une manière ou d’une autre, par des symptômes physiques (mal de dos quand on en a assez de quelque chose, aigreurs d’estomac quand il y a quelque chose que l’on ne « digère » pas …) ou des comportements (grande tristesse, repli sur soi, manque de motivation …).

Si on les écoute, ce sont de formidables indicateurs.
On distingue les émotions « de base », qui se déclinent en de nombreuses autres :
joie, plaisir, surprise, tristesse, colère, peur, dégoût, mépris, détresse, culpabilité, honte.
Chaque émotion correspond à un besoin psychologique, qui est satisfait ou pas. Ces besoins psychologiques sont d’intensité variable selon les personnes. Prêter attention à ses émotions permet donc d’avoir une claire conscience de ce qui est important pour soi.

Que faire de ses émotions ?

1. Choisir de les exprimer

Au moment opportun,  dans un objectif précis, à la bonne personne,  d’une façon qui permette d’être entendu.
Le moment est important : si vous exprimez votre colère à votre manager 5 mn avant qu’il fasse une importante présentation, il risque d’avoir une faible écoute à votre égard.
Les objectifs peuvent être de différents ordres : se soulager, informer, influencer, s’assumer, nourrir la relation.
Selon l’objectif poursuivi, on ne s’adressera pas à la même personne : pour se soulager, son conjoint(e) ou un(e) ami(e) peuvent être le (la) bon(ne) interlocuteur (trice). Pour influencer, on peut choisir d’en parler à certaines personnes « leaders d’opinion » etc …
. La façon doit être adaptée. Pour informer, s’assumer et nourrir la relation, on peut avoir recours à la Communication Non Violente (CNV). Elle nécessite un peu d’entraînement, mais donne de très bons résultats avec des interlocuteurs sains. Elle consiste à dire, en restant ouvert aux réactions de l’autre :

.son observation : moment, situation précise (ex : lors de la dernière réunion d’équipe, lorsque tu as contredis les chiffres que j’avançais …)
.son sentiment (…je me suis sentie incompétente devant mes collègues et incapable de réagir)
.son besoin (je souhaite que mes collègues me respectent, et me faire entendre)
.sa demande (pourrais-tu, à l’avenir, exprimer ton désaccord en tête-à-tête, afin que je puisse exprimer mon point de vue ?)
 
2.Transformer ses émotions en actions
Coluche, parce qu’il était indigné par la pauvreté en France, a fondé les Restos du Cœur.
Les émotions, bien canalisées, « poussent » à l’action.
On a nécessairement envie de satisfaire ses besoins psychologiques. Mais des tensions, qui paralysent l’action,  peuvent naître lorsque l’on a des besoins contradictoires.
Ceci fera l’objet de mon prochain message !

 

samedi 9 février 2013

Que faites-vous en cas de situation persistante qui ne vous convient pas ? (2)


Toujours à propos de la  situation « j’ai trop de temps de transport pour aller sur mon lieu de travail »,  j’ai accompagné une deuxième personne, qui a réagi très différemment de Mme P.

Appelons la Mme D.

Mme D, à la suite du choix familial d’un déménagement, s’est aussi retrouvée à 1h30 de son lieu de travail (au minimum, quand tout se passe bien).  Rapidement, elle a estimé que cette situation était trop pesante.

Elle a alors décidé d’y remédier.

Je l’ai accompagnée dans l’élaboration de son projet,  l’identification de ses compétences, de ce qui l’épanouit, et la recherche de postes pouvant lui correspondre. Mme D a envoyé des candidatures spontanées, passé des entretiens. Puis, a commencé ce qui a été difficile pour elle : l’attente. Tant qu’elle était active dans l’élaboration et la réalisation de son projet, elle vivait bien sa situation. A partir du moment où elle a du attendre le résultat de ses démarches qui n’arrivait pas assez vite à son goût, elle a commencé à s’angoisser.

Elle était tellement tendue vers son objectif qu’elle devenait crispée sur son projet.

A commencé un apprentissage difficile : aménager l’attente, se décentrer par rapport à ce projet, être capable de prêter plus d’attention à d’autres choses : son travail en cours, sa famille, ses activités sportives, ses ami(e)s …

Aujourd’hui, Mme D est heureuse : elle a trouvé un poste lui convenant très bien à proximité de chez elle.