Monsieur C. avait changé de
poste à la suite d’un conflit avec son précédent manager, qu’il jugeait
incompétent. Mais, alors qu’il avait réalisé cette mutation depuis un an déjà, monsieur C restait obsédé
par son ancien manager, il conservait de la colère, du ressentiment envers cette
personne. Ceci lui portait préjudice professionnellement, il n’arrivait pas à
retrouver sa juste place.
Voici la métaphore que j’ai
préparée pour monsieur C., et qui l’a aidé à évoluer.
Peut-être qu’elle parlera
aussi à d’autres personnes ….
Il était une fois
une jeune fille Anne qui avait toujours
été une très bonne élève, particulièrement en maths et en physique-chimie. Elle
passa naturellement en 1ere S. Sa nouvelle prof de maths, récente dans l’établissement,
se montrait bizarre : par moments elle ne savait plus expliquer le cours,
elle se trompait dans les exercices. Elle s’appuyait régulièrement sur les bons
élèves pour compléter ses explications fumeuses, ou pour faire les corrections des
exercices au tableau. A la rentrée de terminale, en Terminale S, Anne réalisa
avec horreur qu’elle avait encore la même prof de maths ! En effet, celle-ci
savait y faire auprès du proviseur qui était sensible à son charme, et qui
l’appuyait auprès du directeur. Anne, qui avait toujours été bonne en maths, se
mit à avoir des lacunes, elle n’avait plus confiance en elle, elle doutait des
raisonnements de sa prof, elle sentait qu’elle ne pouvait pas s’appuyer sur
elle. Le jour de l’épreuve de maths au bac arriva : se fut un massacre,
Anne ne savait pas faire la moitié des exercices, et la moitié qu’elle fit
était truffée d’erreur. Elle était tellement énervée après cette épreuve de
maths qu’elle rata complètement l’épreuve de physique-chimie, l’après-midi du
même jour. Et l’incroyable se produisit : Anne, de tout temps la bonne
élève, n’eut pas son bac !
Elle ne voulait surtout pas redoubler dans le
même lycée, retrouver cette maudite prof de maths qui lui faisait
horreur ; grâce à un ami de sa famille, elle réussit à entrer de justesse
dans un autre établissement.
Les profs étaient bons, ses camarades prêts à
accueillir la nouvelle, mais Anne parlait sans arrêt de son ancienne prof de
maths, combien elle était incompétente, comment elle, la bonne élève, ne
pourrait pas rentrer dans une bonne prépa parce qu’elle avait redoublé à cause
de cette prof, qu’à cause d’elle son avenir était foutu, comment c’était
possible de laisser une prof aussi nulle enseigner, détruire des élèves,
d’ailleurs elle n’était pas la seule de sa classe à avoir eu de mauvais
résultats en maths au bac … Elle cherchait comment faire éclater la nullité de
cette prof au grand jour. Ecrire au directeur de son ancien lycée ? Au
rectorat ? A force de toujours parler de cette prof aux autres élèves, ceux-ci
commencèrent à éviter Anne : elle était pénible à toujours radoter sur
cette prof ! Son petit ami, avec lequel elle sortait depuis plus d’un an,
la quitta. Lui aussi en avait assez de l’entendre parler sans arrêt de son
ancienne prof, dire que son avenir était fini. Ses notes baissaient, elle était
triste, mal dans sa peau, aigrie, toujours seule.
Jusqu’au jour où l’assistante sociale du lycée
la convoqua. Anne raconta une fois de plus comment cette saleté de prof de
maths lui avait fait rater son bac, à elle, la bonne élève de toujours, si
douée dans les matières scientifiques ! L’assistante lui dit alors :
« Anne, en entretenant de la rancune envers cette prof, c’est à toi que tu fais du tort. C’est
comme si une corde te reliait à cette personne, une corde qui entoure tes
mains, t’empêche de les bouger, de faire ce que tu voudrais. L’autre
extrémité de la corde est toute fine, elle touche à peine cette prof, qui va en
toute liberté à ses occupations, en sentant à peine ce petit fil qui
l’effleure. Il ne tient qu’à toi de secouer tes mains, de faire tomber cette
corde qui t’empêche de profiter de la vie, réussir tes études ici et réaliser
ce que tu souhaites.
A ces mots, Anne, sentit
quelque chose bouger en elle.
Elle se
faisait du mal toute seule …
Le lendemain, elle
réalisa combien sa prof de maths, cette année, était bonne pédagogue, et quel
plaisir elle pouvait ressentir à nouveau à s’investir dans ses études. Ses
camarades de classe découvrirent une jeune fille pétillante, agréable, intelligente.
Elle réussit brillamment son bac et réalisa son objectif : intégrer une
prépa qui lui permit de rentrer dans l’école de ses rêves.