Je pense à une situation telle que : « j’ai trop de temps de transport pour aller sur mon lieu de travail ».
J’ai accompagné deux personnes vivant cette situation, qui ont réagi de façon très différente.
La première, appelons-la Mme P…, joue sur ce thème à un jeu psychologique bien connu : « oui, mais … ».
Elle arrive le matin, la plupart du temps bien au-delà de l’heure communément admise, en se plaignant de son temps de transport. Elle clame à qui veut l’entendre qu’elle a au moins 1h30 de temps de transport, quand tout va bien, et que ça l’épuise- ce que tout un chacun comprend. Ses collègues compatissent, et lui proposent des solutions : « déménage », « prend un pied-à-terre proche du bureau », « cherche à rapprocher ton travail de chez toi », « viens au moins partiellement en voiture », « télétravaille au moins un jour par semaine » (son entreprise le lui permettrait), mais elle écarte toutes ces propositions immédiatement par un contre-argument.
Que se passe-t-il ? Mme P … s’est installée dans la plainte, et tient à son motif de plainte. Elle se pose en « victime », et reçoit une certaine satisfaction à ce que des « sauveteurs » s’occupent d’elle en lui proposant des solutions. Mais elle peut aussi être confrontée à des « persécuteurs » : collègues qui la raillent : « dis-donc, tu arrives tôt aujourd’hui » quand elle arrive à 11 heures, supérieur hiérarchique qui la surcharge de travail, « pour ne pas l’avantager, il n’y a pas de raison » …
Mais pourquoi Mme P … ne cherche-t-elle absolument pas à sortir de cette situation ? Plusieurs raisons sont possibles :
.c’est le moyen qu’elle a trouvé pour que son entourage professionnel lui prête attention régulièrement (Mme P… vit seule et peut être en manque de signes d’attention, de « reconnaissance », comme on dit en Analyse Transactionnelle)
.elle se sert de ce moyen pour faire diversion (à ses propres yeux) et ne pas voir son vrai problème : elle en a assez de son travail. Plutôt que d’envisager cette difficulté qui lui paraît insurmontable, elle s’en trouve une autre, qui lui donne un alibi pour diminuer sa présence au bureau.
Une personne qui est dans ce comportement « oui mais… », en retire toujours des bénéfices psychologiques secondaires. Les mettre à jour permet d’envisager d’autres moyens moins « coûteux » (en termes de bien-être physique et mental) de les satisfaire.
Je décrirai la réaction de la deuxième personne que j’ai accompagnée sur ce sujet la semaine prochaine.
Pour mieux percevoir ce comportement « oui mais », vous pouvez voir un bon film qui le montre très précisément : «oui mais» avec Gérard Jugnot et Emilie Dequenne.

